Le
problème du sommeil est à prendre en compte pour certaines courses, et bien sûr
en amont dans l'entraînement préparatoire, au même titre que la vitesse
spécifique, l'alimentation etc.
Il se pose principalement lors d'épreuves dont la durée dépasse 24 heures.
En deçà, pour un 24h en circuit par exemple, l'organisme doit pouvoir s'adapter
sans trop de problèmes, pour peu qu'on l'ait habitué auparavant avec quelques
séances de nuit.
Au delà, on trouve deux cas de figure .
1. L'épreuve reste dans une fourchette 24h-30h. Le mental peut
alors suffire à pallier les difficultés physiques engendrées par le manque de
sommeil.
2. L'épreuve dure jusqu'à 48h, voire plus. Et là, le maintien d'un
certain niveau de performance passe par l'obligation de dormir, à un moment ou
à un autre. On peut alors envisager deux formes de sommeil.
- Le repos ou sommeil
court. De l'ordre de quelques minutes. En tout cas, moins de 20'. Car au delà
on entre dans une phase de sommeil profond qui sera plus néfaste que bénéfique,
à cause de la survenue ensuite d'une phase de réveil trop longue. Ce repos
court doit se faire dans des conditions de confort précaire, justement pour
éviter de tomber dans un endormissement profond. Nombreux sont les coureurs
qui, lors d'ultra-trails par exemple, dorment assis sur un rocher et seront
réveillés par le déséquilibre dû au relâchement musculaire. Ou encore allongés
sur le sol au bord du chemin, de sorte que les autres concurrents
s'inquièteront assez rapidement de leur sort, évitant ainsi une pause trop
longue.
Ces courts moments de sommeil ne permettent pas de se reposer en profondeur
mais ont le mérite de laisser l'organisme prêt à repartir rapidement, sans trop
de courbatures.
- Le sommeil plus long.
Pour des épreuves non-stop de plusieurs jours par exemple. On cherchera
ici à bénéficier de la totalité d'un cycle de sommeil, variable de 1h20' à
1h40' selon les individus. Avec la possibilité de profiter de deux cycles
successifs en cas de grosse fatigue. Pour en tirer un bénéfice maximum, le
choix de ce type de pause doit se faire en amont de la course, afin de ne pas
culpabiliser ensuite. Les conditions de cette pause sont aussi très importantes
car elles vont conditionner la qualité du sommeil. Il faut choisir un endroit à
l'abri du froid ou du chaud, selon la saison, calme mais avec la certitude de
pouvoir se réveiller ( penser à la montre réveil ). Il est possible de la
programmer à l'avance en tenant compte des points d'hébergement proposés par
l'organisation de l'épreuve, des refuges par exemple pour un trail en montagne.
Mais quelquefois elle s'impose d'elle-même, devant une situation d'épuisement
physique ou moral. Ainsi lorsqu'on s'aperçoit que l'objectif devient
irréalisable, il y a un relâchement de la tension nerveuse qui permettait
jusqu'ici de nous tenir en éveil.
Enfin, le sommeil étant très personnel, il convient de tester sur le terrain
lors d'entraînements spécifiques les solutions qu'on prévoit de mettre en place
en course.