Préparer un objectif

Méthode champenoise : Il y a deux vitesses spécifiques à Millau

Préparer un objectif - Méthode champenoise : Il y a deux vitesses spécifiques à Millau

Chaque année les candidats au 100km de Millau se posent des questions qui restent souvent sans réponse : « Quel objectif se fixer ? » et de ce fait « Quelle vitesse spécifique travailler à l’entraînement ? ». Dans le cas très particulier de l’épreuve Aveyronnaise, cela se complique un peu car en fait il y a deux vitesses spécifiques Millau. Explication de ma méthode champenoise.

Une notion enfin admise

La notion de vitesse spécifique (VS) devient peu à peu admise par les coureurs dans la conception de leurs plans d’entraînement Cela n’a pas toujours été le cas. J’en veux pour preuve l’article, au titre volontairement provocateur, d’un magazine de course à pied (reconnu pour ses compétences techniques), il y a quelques années : « la vitesse marathon ne sert à rien »

Le terrain ayant livré son verdict, force est de constater que la répétition de séquences courues à la vitesse de l’objectif rend le coureur plus efficace le jour J : connaissance parfaite de l’allure à adopter, meilleure gestion de l’effort, rendement de la foulée optimisé etc … Bref, la vitesse spécifique doit faire partie maintenant des séances clés d’un programme d’entraînement. Enfin de ceux que je préconise en tout cas !

Une problématique complexe

La question qui se pose alors, au moment de prévoir ce type de séance, c’est : « à quelle vitesse vais-je courir ma course ? ». Cette problématique répond au double souci de se fixer un objectif et de définir l’allure de la vitesse spécifique. Or, la nature même du parcours Millavois ne permet pas aisément de répondre à cette problématique. Le terrain ne se prêtant pas à une gestion linéaire, il faut étudier les allures en fonction des différentes particularités de celui-ci. Voilà pourquoi, d’après moi, il y a deux vitesses spécifiques Millau. C’est ce que je recommande dans le programme d’entraînement et que je préconise de faire même si cela bouscule les habitudes.

Un parcours unique et atypique

Le parcours des 100km de Millau est quasiment le même depuis la création de l’épreuve en 1972. Une première boucle de part et d’autre du Tarn pour un marathon relativement plat. Le premier semi étant légèrement descendant avant que l’on ne franchisse la rivière à Peyreleau. Le retour vers Millau présente un profil vallonné type « tôle ondulée » dont il faut se méfier.
La seconde partie est un aller-retour jusqu’à Saint Affrique où se succèdent et se concentrent toutes les difficultés.
La côte du Viaduc appelée ainsi depuis la construction de cet ouvrage remarquable qu’on nommait auparavant la côte de Creissels et qui se présente dès la sortie de Millau avant le passage à mi-course. Puis, celle de Tiergues, appelée aussi col de Tiergues qui décrit bien la nature de l’obstacle à franchir. Entre les deux, un long ruban de route de 14km environ, en léger mais continu faux plat montant à l’aller qui emmène les coureurs de Sainte Georges à Saint Rome. Etrangement, on a du mal à trouver cette partie descendante au retour !

1 Vitesse Spécifique pour chaque boucle

Chacune des boucles correspond donc en fait à une vitesse spécifique à travailler. Celle de la première se rapproche peu ou prou de celle de l’allure 100km sur un parcours standard. Il suffit donc pour la connaître de se baser sur une performance réalisée antérieurement.
La deuxième correspond à une allure sur terrain vallonné avec des pentes longues et continues, comme celles de Millau. Il est alors judicieux de faire un découpage qui prenne en compte les deux difficultés majeures dans lesquelles, lors des ascensions, l’immense majorité des concurrents seront appelés à marcher.
Les descentes doivent s’effectuer à une vitesse qui permet à la fois d’être relâché sans pour autant se freiner ou être à fond.
La partie intermédiaire reliant St Georges de Luzençon à St Rome de Cernon peut être considérée comme une portion plate allure boucle 1 même si, au retour, il n’est pas aisé d’y tenir le même rythme que lors des premiers kilomètres. En effet, il faut « digérer » la montée et la descente de l’aller vers Saint Affrique mais aussi se ménager en vue du retour. Et de plus, souvent, cet interminable ruban de bitume est véritable un four en raison de son encaissement.

En résumé

Tout cela signifie concrètement que les entraînements à allure 100km Millau doivent être réalisés :

1.Prioritairement, si vous n’en faites qu’un, sur des parcours aux pentes longues et régulières avec un dénivelé identique à celui de la course. (allure boucle 2)

2.Sur des terrains plutôt plats pour la seconde séance spécifique (allure boucle2).

Cette façon de procéder va vous permettre, à la fois, d’anticiper votre stratégie de course, de vous faire réfléchir à celle-ci et de ce fait de la planifier, vous permettant ainsi d’éviter les approximations souvent fatales. L’avantage réside aussi dans le fait de varier vos entraînements, ce qui rendra la préparation plus ludique.
Au final, cette approche doit vous préserver de toutes les (mauvaises) surprises du débutant ou de l’excès de confiance de coureurs aguerris aux prétentions parfois trop importantes. On en voit chaque année … C’est en procédant ainsi que j’ai construit ma victoire en terre Millavoise pour connaitre un des (si ce n’est le) plus grand bonheur de ma vie de coureur.

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Bruno Heubi © Tous droits réservés

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