Pourquoi
définir sa FCM ?
Le
cardiofréquencemètre
permet d’évaluer en permanence et surtout
instantanément l’importance
de l’effort que vous êtes en
train de fournir.
La fréquence cardiaque
est le reflet de l’intensité de
l’exercice que vous pratiquez. Plus il est
intense et plus le cœur est sollicité afin
d’assurer la circulation du sang des
poumons (où il se charge en oxygène) vers les
muscles (qui utilisent cet
oxygène comme comburant). En
surveillant ainsi votre activité physique,
vous pouvez ensuite l’adapter en fonction de votre niveau de
forme et définir
ainsi les buts que vous souhaitez atteindre.
En déterminant votre
FCM,
vous allez pouvoir établir vos différentes zones
de travail correspondant aux
efforts nécessaires pour progresser en fonction des
objectifs que vous vous
êtes fixés.
Différentes
méthodes pour définir votre
fréquence cardiaque maximale
Rappelons
que la FCM correspond
à la VO2 max.
C’est à dire la vitesse à laquelle les
processus aérobies (la consommation et
le transport de l’oxygène) fonctionnent
à leur maximum.
Elle
est variable selon les personnes et l’âge. Elle
peut même évoluer pour un
individu en fonction de son entraînement.
Il existe différentes
méthodes pour définir sa FCM. Bien entendu, la
validité des unes et des autres
est variable. Tout dépend de l’investissement que
vous êtes prêt à consentir
pour connaître cette valeur repère pour votre
entraînement.
Les formules de calcul
La
plus célèbre est celle d’Astrand et
Ryhming (1954) qui propose un calcul qui
soustrait l’âge à 220 soit : FCM =
220 – âge.
Elle repose sur
des références statistiques qui ne se
réfèrent pas à des sportifs. De plus
ce
qui s’applique au plus grand nombre s’applique
rarement aux particularités d’un
individu. Beaucoup de coureurs l’ont constaté par
eux même. Cette évaluation
n’est donc pas fiable sauf si vous êtes un
débutant.
La
formule qui présente la marge d’erreur la plus
petite est celle d’Inbar (1994),
obtenue au cours d’une étude
réalisée sur un échantillonnage plus
large : FCM = 205,8 –
0,685 x âge.
Robers
et Lanwher (2002) ont compilé un grand nombre
d’études, ne retenant que celles
les plus complètes sur le plan statistique, pour aboutir
à la formule
suivante : FCM = 208,754 –
0,734 x
âge.
Une
autre approche consiste à prendre en compte le
résultat en fonction des
circonstances c’est à dire : le type
d’activité (vélo, course, natation),
le niveau de pratique. On peut ainsi calculer la FCM à
partir de l’équation de
Miller : FCM = 217 – 0,85
x âge et
ajuster le résultat en fonction des données. Par
exemple : ajouter 2
battements par minute (bpm) pour un athlète élite
de plus de 50 ans ou bien
encore soustraire 5 bpm pour un cycliste.
Comme
on peut le constater, il existe plusieurs formules
d’évaluation de la fréquence
cardiaque maximale à partir de mesures indirectes.
L’absence de contraintes
dans la mise en œuvre ne doit pas faire oublier le manque de
précision du
résultat trouvé.
Les tests de terrain
Toutes les formules ne
remplaceront jamais un test de terrain.
C’est
la méthode directe
puisqu’elle
s’établit en effectuant un test en situation et
dans des conditions de course,
sur vos lieux habituels d’entraînement ou en
laboratoire. Là aussi, il existe
de multiples protocoles. Nous avons retenu ceux qui offrent le moins de
contraintes dans la mise en oeuvre
Evaluation sur parcours
mesurés
Le
premier consiste à courir, en augmentant progressivement la
vitesse de course
jusqu’à une allure quasi maximale. Il devra
être d’une durée d’environ 3
minutes, c’est à dire le temps
nécessaire pour atteindre la fréquence cardiaque
maximale.
La
distance de course à parcourir est donc variable
d’un individu à l’autre, selon
ses performances ou
son expérience de
la course. Voici dans le tableau ci-dessous comment procéder
en fonction de
votre niveau de pratique :
|
Niveau
de pratique
|
Distance
|
Déroulement
|
|
coureur
débutant
(VMA
de 8 à 12km/h
|
800m,
|
Partir
à une vitesse moyenne et augmenter celle ci à
chaque 100m jusqu’à faire les cents derniers au
maximum de vos possibilités.(*)
|
|
coureur
débrouillé
(VMA
de 12 à 15km/h),
|
1000m
|
Partir
à une vitesse moyenne et augmenter celle ci à
chaque 100m jusqu’à faire les cents derniers au
maximum de vos possibilités. (*)
|
|
coureur
confirmé
(VMA
de 15 à 18km/h
|
1200m.
|
Partir
à une vitesse moyenne et augmenter celle ci à
chaque 200m jusqu’à faire les cents derniers au
maximum de vos possibilités. (*)
|
|
coureur
expert
(VMA
de 18 à 21km/h)
|
1400
m
|
Partir
à une vitesse moyenne et augmenter celle ci à
chaque 200m jusqu’à faire les cents derniers au
maximum de vos possibilités. (*)
|
(*)Dans
tous les cas, votre FCM devrait être atteinte au cours de la
dernière partie du
test.
Une alternative :
l’évaluation dans votre
canapé !
Pour les possesseurs de certains
modèles de CFM, il
existe depuis peu une nouvelle alternative. Elle s’effectue
bien au chaud et
sans effort dans …. votre fauteuil !. Ce compromis
entre formules
théoriques et test de terrain peut
s’avérer une alternative intéressante
selon
votre situation personnelle.
Cette estimation est
basée sur un modèle de calcul
dans lequel l’âge, le sexe, le poids, la FC et la
variabilité de la FC ainsi
que la VO2max estimée interviennent comme des
données d’estimation. Là encore,
il ne faut pas attendre de miracle de ces nouveaux modes
d’évaluation. Mais
force est de reconnaître qu’ils sont diablement
pratique !
L’utilisation
sur le terrain
Vous constaterez sur le
terrain que lors de séances, même maximales, vous
n’atteignez pas systématiquement
votre fréquence cardiaque maximale. Cela est tout à fait
normal. Léger et Cazorla ont
montré que la fréquence cardiaque est bien le
reflet de l’intensité de
l’exercice. Mais que ceci s’applique à
des intensités sous-maximales. Cela
signifie que vers 100% de l’effort aérobie, la FC
est inutile pour témoigner de
l’intensité. Il ne faut donc pas se fier
à cette valeur pour mesurer de
l’efficacité d’une séance de
VMA.
On
peut
voir également qu’à certaines
périodes de la saison, le coureur ne parvient plus
à atteindre ses fréquences habituelles. La
encore, cela est normal et peut être
interprété de deux manières. Soit
votre entraînement vous a fait progresser et
aux même intensités, vous êtes plus
économique. Soit vous êtes fatigué et
votre
organisme se protège de cette manière en
« bridant » d’une
certaine
manière votre moteur. Dans le premier cas, continuez de vous
entraînez à vos
intensités habituelles. Dans le second, levez le pied
quelques jours en
attendant de retrouvez toutes vos capacités.