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L'Homéopatie

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Indications

Efficacité probable

Soulager les patients atteints de cancer. Contribuer au rétablissement postopératoire des fonctions de l'intestin.

Efficacité possible

Soulager les enfants souffrant de diarrhée. Soulager les symptômes de l'ostéoarthrite et de l'arthrite rhumatoïde. Contribuer au soulagement des symptômes de la fibromyalgie. Contribuer au traitement et à la prévention des infections des voies respiratoires supérieures (otite, sinusite, pharyngite, amygdalite). Contribuer au traitement de la grippe (influenza).

Efficacité incertaine

Réduire les symptômes de rhinite allergique (rhume des foins). Contribuer au traitement de l'asthme chronique. Soulager les douleurs à la suite d'une chirurgie. Prévenir les céphalées et les migraines. Contribuer au traitement de la dépression. Réduire les niveaux d'anxiété. Aider les enfants atteints du trouble de déficit de l'attention/hyperactivité. Réduire les pertes sanguines à la suite de l'accouchement. Réduire les symptômes de la ménopause. Soulager le syndrome prémenstruel. Réduire les symptômes des patients atteints du virus de l'immunodéficience humaine (VIH).

Présentation

Technique thérapeutique unique en son genre suscitant toujours beaucoup de controverse, l'homéopathie est pratiquée un peu partout dans le monde tant par des médecins, des dentistes et des vétérinaires que des naturopathes, des chiropraticiens, des praticiens de la médecine ayurvédique, et de nombreux autres professionnels de la santé.

Créée au début du XIXe siècle par Samuel Hahnemann, elle repose essentiellement sur deux fondements :

Ni l'un ni l'autre de ces fondements n'a, à ce jour, recueilli l'assentiment de la communauté scientifique. La loi de similitude s'oppose à l'approche médicale classique qui, pour combattre la maladie, se base sur des médicaments dont le but est d'éliminer les symptômes ou de détruire les agresseurs : on donne un médicament qui fait tomber la fièvre lorsque la température du patient est jugée trop élevée, un antibiotique qui détruit les bactéries responsables d'une infection, un antiacide pour contrer l'hyperacidité gastrique, un hypotenseur pour corriger l'hypertension artérielle, etc. C'est ce qu'on nomme « l'allopathie », allo signifiant « différent ».

Quant au procédé des hautes dilutions, il va à contre-courant de la pharmacologie moderne qui se fonde sur l'activité biologique de molécules précises : du point de vue du chimiste, tout effet thérapeutique est attribuable à des molécules spécifiques. Or, dans la majorité des préparations homéopathiques, on ne trouve plus ces molécules.

Par conséquent, il n'y a rien d'étonnant à ce que le sujet ait provoqué dans le passé - et provoque toujours - de très vifs débats parmi les scientifiques. Malgré cela, les remèdes homéopathiques soignent des malades depuis deux cents ans et rien n'indique que la popularité de cette thérapeutique soit en déclin, ni auprès des professionnels de la santé qui y ont recours, ni auprès des patients qui la reçoivent.

Deux cents ans d'histoire

Samuel Hahnemann (1755-1843), un médecin allemand, était également chimiste et linguiste. Il avait déjà acquis une notoriété respectable lorsque, en 1784, insatisfait des techniques médicales de son époque, il délaissa la pratique de la médecine pour colliger, traduire et réviser divers ouvrages de pharmacologie rédigés en allemand, en français, en anglais, en italien et en latin.

En 1790, tandis que Samuel Hahnemann traduisait la Materia Medica d'un médecin écossais, il se trouva en désaccord avec ce dernier qui attribuait directement à l'amertume et à l'astringence de l'écorce de Quinquina (dont on tira plus tard la quinine) son efficacité dans le traitement de la malaria. Il remarqua, à juste titre, que d'autres plantes pourtant tout aussi amères et astringentes n'avaient aucun effet contre la maladie. Par curiosité, il prit un peu de l'écorce durant quelques jours et découvrit que la substance provoquait chez lui des symptômes similaires à ceux de la malaria, notamment des fièvres intermittentes et de la diarrhée.

Cela lui rappela la loi de similitude, évoquée dans le Cursus Hippocraticus. Six ans plus tard (1796), il publiait, dans une revue scientifique, un essai sur « une nouvelle approche pour identifier les propriétés curatives des médicaments ». Depuis sa première expérience avec l'écorce de Quinquina, il avait expérimenté sur lui-même, ainsi que sur ses collaborateurs et ses proches, diverses substances dont il avait pu établir la pathogénie, c'est-à-dire l'ensemble des symptômes provoqués par l'administration expérimentale d'un médicament à un sujet sain. Il avait également développé la technique des dilutions afin de contourner le problème de la toxicité de certains produits. C'étaient les débuts de l'homéopathie.

En 1799, les idées d'Hahnemann gagnèrent de la crédibilité lorsqu'il réussit, grâce à un remède homéopathique, à prévenir et à traiter la scarlatine qui atteignait des proportions épidémiques en Allemagne. En 1810, il publiait l'Organon medical qui devait constituer le véritable manuel fondateur de l'homéopathie. Cette technique thérapeutique connut un remarquable essor en Europe et fut introduite en Amérique en 1825 par Hans Burch Gram, un médecin natif de Boston qui avait étudié l'homéopathie en Europe.

La première école médicale américaine d'homéopathie, le Hahnemann Medical College and Hospital, fut fondée en 1835. En 1849, pendant que le choléra faisait rage dans la ville de Cincinnati, deux homéopathes publièrent des statistiques indiquant que seulement 3 % des 1 116 patients qu'ils avaient traités étaient morts des suites de la maladie. Pourtant, à cette époque, on estimait que de 33 % à 50 % des patients atteints de cette maladie en mouraient.

Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, la pratique de l'homéopathie connut un très grand essor en Europe et en Amérique du Nord. Toutefois, au XXe siècle, la création de médicaments allopathiques d'une extrême efficacité, comme les antibiotiques, fit beaucoup reculer la pratique de l'homéopathie. Il faudra attendre la fin de ce siècle pour voir apparaître un regain d'intérêt pour la technique.

À l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), on faisait remarquer, en 1994, que l'homéopathie avait été intégrée avec succès aux systèmes de santé publique de plusieurs pays dont l'Allemagne, la France, l'Angleterre, l'Inde, le Pakistan, le Sri Lanka et le Mexique. En France, en Angleterre et en Allemagne, on dénombre environ 11 000 médecins qui pratiquent l'homéopathie, et ils sont 10 000 à le faire en Amérique latine. En Angleterre, 42 % des médecins qui ne pratiquent pas l'homéopathie n'hésitent pas à référer leurs patients à un homéopathe.

La méthode homéopathique

L'homéopathie se base sur la prémisse que le corps possède « l'énergie vitale » requise pour générer un processus naturel de guérison. À partir de cette prémisse, Hahnemann soutenait, à l'encontre de la tendance dominante des scientifiques - de son époque et d'aujourd'hui -, qu'il importait moins de connaître la cause spécifique de la maladie que de trouver les moyens de stimuler le processus naturel de guérison inhérent à tout organisme vivant.

Ainsi, l'homéopathe s'efforce d'identifier minutieusement tous les symptômes du patient afin de déclencher ou de soutenir le processus de guérison correspondant. Le praticien cherchera donc à savoir quand et comment les symptômes se manifestent, ce qui les amplifie ou en diminue l'intensité, les heures où ils apparaissent, les actions qui les exacerbent ou les soulagent, etc.

Ainsi, deux patients souffrant de la même maladie au sens de la médecine classique, pourraient se voir prescrire des remèdes homéopathiques différents parce que leur « constitution » diffère ou que leurs symptômes spécifiques ne sont pas les mêmes (ils ont le « même » rhume, mais pas les mêmes écoulements nasaux, par exemple). Les homéopathes disposent aujourd'hui de bases de données informatisées qui les aident à choisir les remèdes en fonction des innombrables combinaisons de symptômes et de constitutions de leurs patients.

Les dilutions

Une préparation homéopathique qui porte la mention 6X désigne un remède dans lequel l'extrait original a été dilué (généralement dans un mélange d'eau et d'alcool) six fois à raison d'une part de l'extrait pour neuf parts de solvant chaque fois. C'est ce qu'on appelle une basse dilution ou une dilution décimale. À chaque étape (six dans le cas présent), le mélange aura été dynamisé en lui imprimant 100 secousses. On trouve également des dilutions centésimales (une part de l'extrait original pour 99 parts de solvant, à chaque dilution) qui sont désignées par la lettre C, et des dilutions « millisimales » portant la lettre M (une part d'extrait pour 999 parts de solvant). Ces deux derniers types de préparation constituent des hautes dilutions.

On voit souvent la lettre H (pour Hahnemann) accolée aux symboles X, C ou M (par exemple, 30CH). Cela identifie les dilutions hahnemanniennes que nous venons de décrire. Certaines dilutions sont préparées suivant un procédé légèrement différent mis au point par un autre homéopathe contemporain d'Hahnemann, le docteur Korsakov. Les dilutions korsakoviennes, qui sont généralement identifiées par un K, seraient plus efficaces que les hahnemanniennes en basses dilutions, mais les deux procédés donneraient des résultats équivalents en haute dilution.

En homéopathie, on estime que les remèdes préparés en haute dilution sont plus puissants que ceux qui sont préparés en basse dilution. Une fois l'extrait dilué, il est présenté sous forme de comprimés, de granules (petites boules solubles, dont la base est généralement du sucrose, qu'on laisse fondre sous la langue) ou de solutions que l'on prend quelques gouttes à la fois. Pour les usages topiques, on trouve également certaines préparations homéopathiques sous la forme de lotions ou d'onguents.

Que dilue-t-on?

Les produits souches utilisés pour fabriquer les médicaments homéopathiques peuvent être d'origine végétale, animale ou minérale. Parfois, la relation entre le produit et l'affection traitée paraît assez logique. Apis mellifica - du venin d'abeilles dilué - sert à traiter les piqûres d'abeilles. De même, l'huile d'une plante, l'Arnica montana, qui était traditionnellement utilisée pour soigner les contusions et les entorses, retrouve un usage semblable en homéopathie.

Par contre, dans d'autres cas, la relation est plus étonnante. Ainsi, le venin de la vipère Lachesis mutus est utilisé contre certains troubles de la ménopause; et Arsenicum album (tiré de l'arsenic, un métal lourd très toxique) est recommandé contre certaines maladies de peau et divers types de rhume.

Mentionnons également que l'Oscillococcinum, un « casse-grippe », et l'un des médicaments homéopathiques les plus vendus, est fait à partir d'une macération de foie et de coeur de canard.

Qu'en dit la science?

La publication, dans les revues scientifiques, du moindre article concernant l'homéopathie suscite inévitablement une impressionnante moisson de critiques et d'articles contradictoires. Les chercheurs qui évoquent la possibilité que les remèdes en haute dilution aient des effets bien réels et qui tentent de formuler des hypothèses expliquant le phénomène sont souvent stigmatisés par la communauté scientifique. Ils ont soudainement du mal à trouver du financement et les éditeurs de journaux scientifiques hésitent à publier leurs articles.

À l'heure actuelle, plusieurs des pistes qui ont été explorées pour tenter d'expliquer le mode d'action des remèdes en haute dilution s'apparentent davantage à la physique quantique ou à la chimie moléculaire qu'à la biologie. Par exemple, des chercheurs ont découvert en 2001 que les dilutions successives provoquaient l'agrégation des molécules plutôt que leur dispersion uniforme. Cela pourrait expliquer les résultats souvent imprévisibles des essais cliniques et en laboratoire qui tourmentent les théoriciens.

Une autre recherche, d'origine suisse, publiée en mai 2003, a conclu que même après des dilutions répétées, on pouvait identifier, par thermoluminescence, une eau qui avait été en contact avec une substance diluée jusqu'à ne plus être « chimiquement » présente dans cette eau. Mais, qu'il soit question de « mémoire de l'eau », de « rémanence » ou « d'empreintes électromagnétiques », les théories avancées sont encore mal reçues par la communauté scientifique.

Est-ce que ça fonctionne?

Dans l'état actuel de la recherche, on ne peut conclure assurément à l'efficacité ou non de l'homéopathie pour le traitement de problèmes de santé spécifiques. Par contre, le fait qu'elle donne souvent des résultats positifs (voir la section Applications thérapeutiques), qu'elle n'entraîne pratiquement pas d'effets indésirables, que l'on puisse y avoir recours en même temps que l'on consulte en médecine classique, et que les remèdes homéopathiques coûtent relativement peu cher portent à croire que c'est une approche qui mérite de continuer d'être explorée.

Applications thérapeutiques

Les homéopathes soutiennent qu'une personne souffrant de n'importe quel trouble de la santé peut bénéficier d'un traitement homéopathique puisque, selon cette approche, si le traitement n'entraîne pas toujours la guérison, il peut au moins ralentir la progression de la maladie, en atténuer les symptômes ou renforcer l'organisme quand il doit affronter les assauts répétés d'une maladie incurable. L'homéopathie conviendrait aussi bien aux situations aiguës qu'aux maladies chroniques, bien qu'il semble que l'on consulte plus souvent un homéopathe dans le deuxième cas, et généralement après avoir été déçu à quelques reprises des résultats obtenus à la suite des traitements de la médecine classique. Certains auteurs ont allégué que des patients ayant recours à l'homéopathie pourraient négliger les traitements proposés par la médecine classique. Cependant, les résultats d'une étude californienne indiquent que de recourir à l'homéopathie n'empêche pas de consulter en médecine classique.

Même si on ne dispose d'aucune théorie scientifique complète permettant d'expliquer le mode d'action des remèdes homéopathiques, plusieurs essais cliniques avec groupe témoin ont été menés afin de tester l'efficacité de ces types de préparations. Chacun des essais dont on publie les résultats suscite une multitude de commentaires et de critiques quant à la méthodologie utilisée, au nombre de sujets, au type d'intervention homéopathique, etc. Plusieurs revues systématiques et méta-analyses ont aussi été publiées dans des revues et journaux médicaux et présentent des conclusions contradictoires quant à l'efficacité de l'homéopathie. À l'heure actuelle, il est impossible de dégager de ces résultats une preuve incontestable de l'efficacité ou de l'inefficacité de l'homéopathie pour des interventions médicales spécifiques. Dans certains cas, les résultats d'études similaires sont même diamétralement opposés.

Recherches

Mentionnons que dans la très grande majorité des cas, les auteurs des études qui suivent mentionnent que vu le petit nombre de recherches et certaines lacunes méthodologiques, d'autres recherches bien contrôlées seront nécessaires afin de confirmer l'efficacité potentielle des médicaments homéopathiques qui ont été testés.

Efficacité probable Soulager les patients atteints de cancer. Une revue systématique visant à évaluer l'efficacité des traitements homéopathiques, utilisés seuls ou avec d'autres thérapies, a été publiée en 2006. Les auteurs ont inclus six études, dont cinq essais cliniques randomisés et un essai non randomisé avec groupe contrôle, le tout portant sur un total de 336 patients. Dans cinq de ces essais, des effets positifs furent observés à la suite des traitements homéopathiques, comme une réduction de l'inflammation de la bouche induite par la chimiothérapie, des réductions de l'hyperpigmentation et de la chaleur de la peau durant la radiothérapie et une amélioration de la santé générale et de la qualité de vie.

Efficacité probable Contribuer au rétablissement postopératoire des fonctions de l'intestin. Les auteurs d'une méta-analyse publiée en 1997 ont relevé six essais cliniques qui incluaient un groupe placebo ou un groupe contrôle portant sur les effets de l'homéopathie dans le traitement des iléus postopératoires (arrêt complet des contractions normales de l'intestin assurant le mouvement des aliments). L'iléus postopératoire s'observe généralement à la suite d'une chirurgie intra-abdominale ou gynécologique, et peut causer une augmentation de la douleur postopératoire, un retard dans la reprise de l'alimentation et des risques accrus de complications. Les résultats de la méta-analyse, incluant au total 776 patients, indiquent qu'un traitement homéopathique permet de réduire le temps requis pour le retour à la normale des contractions intestinales, comparativement à un traitement placebo. Aucune autre étude contrôlée n'a été publiée sur le sujet depuis cette méta-analyse.

Efficacité possible Soulager les enfants souffrant de diarrhée. Les auteurs d'une méta-analyse publiée en 2003 ont relevé trois essais cliniques, portant sur les effets de l'homéopathie dans le traitement de la diarrhée. Selon les résultats de ces études, incluant au total 242 enfants âgés de six mois à cinq ans, la durée des diarrhées des enfants ayant reçu un traitement homéopathique a été réduite de 15 % à 20 % par rapport au groupe placebo.

Efficacité possible Soulager les symptômes de l'ostéoarthrite et de l'arthrite rhumatoïde. Quelques études ont été publiées sur l'efficacité de l'homéopathie pour réduire les douleurs et les symptômes de l'ostéoarthrite. En 2001, une revue systématique a répertorié quatre essais cliniques randomisés dont la qualité méthodologique était excellente, selon les auteurs, comprenant un total de 406 patients. Deux de ces essais ont présenté des preuves concluantes pour ce qui est de l'efficacité de préparations homéopathiques en comparaison à des médicaments classiques. La troisième étude concluait que l'administration d'une préparation liquide homéopathique par voie orale (Rhus toxicodendron) était moins efficace que la prise d'une médication classique pour réduire la douleur. Finalement, la dernière étude, qui comparait un gel homéopathique local à un gel classique d'anti-inflammatoires non stéroïdiens, a conclu que le gel homéopathique possédait une efficacité au moins équivalente au produit classique. À partir de ces résultats, les auteurs estiment que l'homéopathie pourrait s'avérer un traitement utile face à l'ostéoarthrite, mais qu'il faudra d'autres études pour s'en assurer.

En ce qui concerne l'arthrite rhumatoïde, une revue systématique publiée en 2000 a relevé trois essais cliniques portant sur un total de 266 patients. Bien que ces essais aient rapporté certains effets bénéfiques, les auteurs ont mentionné qu'aucune conclusion définitive ne pouvait être formulée, en soulignant le peu d'études publiées à ce sujet. Plus récemment, un essai clinique randomisé, a porté sur 112 sujets souffrant d'arthrite rhumatoïde et prenant des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou des médicaments antirhumatismaux. Les chercheurs ont comparé les effets de l'ajout d'un traitement homéopathique et d'un placebo sur deux périodes de trois mois en chassé-croisé. Contre toute attente, les traitements homéopathiques ont induit des réductions de la douleur moindres que le placebo. Des études supplémentaires seront nécessaires afin de clarifier ces résultats contradictoires.

Efficacité possible Contribuer au soulagement des symptômes de la fibromyalgie. Deux études bien contrôlées évaluant les effets de l'homéopathie chez des sujets souffrant de fibromyalgie ont été publiées. Elles d.montrent que l'homéopathie pourrait être une méthode alternative efficace et sécuritaire pour soulager ces personnes. Un premier essai clinique randomisé en chassé-croisé a évalué les effets d'un mois de traitement homéopathique (Rhus toxicodendron 6c), comparativement à un placebo, chez 30 patients. Les résultats ont démontré une réduction de 25 % du nombre de points douloureux pour le groupe expérimental comparativement au groupe placebo. Près de la moitié des sujets du groupe expérimental ont rapporté une plus grande amélioration en ce qui a trait au sommeil ou à la douleur, par rapport au groupe placebo. Cependant, certaines faiblesses ont été observées dans cette étude, dont le fait que les résultats obtenus sur des échelles visuelles analogues pour le sommeil et la douleur ont été combinés et qu'aucune période de transition n'a été utilisée entre les deux périodes de traitement.

Un second essai randomisé, portant sur 62 patients, est arrivé à des conclusions similaires. Les résultats indiquent que des traitements homéopathiques d'une durée de trois mois pourraient, comparativement à un placebo, engendrer une amélioration des symptômes de la fibromyalgie comme la réduction du nombre de points douloureux et de douleur ressentie à la palpation, et l'amélioration de la qualité de vie et de la santé globale.

Efficacité possible Contribuer au traitement et à la prévention des infections des voies respiratoires supérieures (otite, sinusite, pharyngite, amygdalite). En ce qui concerne ces affections, les résultats sont plutôt contradictoires, certaines études faisant état de résultats fort prometteurs, d'autres, très décevants.

Voici d'abord les résultats prometteurs. Une étude d'observation publiée en 2001, menée auprès de 456 sujets, incluant des adultes et des enfants souffrant de troubles des oreilles ou des voies respiratoires supérieures ou inférieures, a comparé les effets d'un traitement homéopathique à ceux des traitements classiques employés dans de tels cas. Les résultats indiquent que l'homéopathie pourrait être plus efficace que les traitements classiques. Après 14 jours de traitement, le taux de guérison ou d'amélioration majeure était de 82,6 % chez les sujets traités par l'homéopathie contre 68 % chez ceux traités en médecine classique. Quant aux effets indésirables, leur taux était de 7,8 % dans le premier groupe contre 22,3 % dans le second.
Les résultats d'une étude ouverte randomisée portant sur 169 enfants âgés de moins de 10 ans ayant une infection des voies respiratoires supérieures, indiquent que des traitements homéopathiques administrés pendant 12 semaines pourraient être efficaces dans la prévention de ces infections en réduisant la gravité et la durée des symptômes, comparativement aux sujets du groupe contrôle (liste d'attente).
Enfin, les résultats de deux essais randomisés menés auprès d'un total de 108 enfants souffrant d'otite moyenne aiguë ou sécrétoire laissent supposer que l'homéopathie pourrait contribuer légèrement au traitement de cette affection en diminuant les symptômes.

Voici les études ayant démontré des résultats négatifs. Un essai randomisé évaluant les effets de traitements homéopathiques sur une période d'un an chez 170 enfants souffrant d'infections des voies respiratoires supérieures récurrentes n'a révélé aucun effet sur la gravité des symptômes ni sur la prise d'antibiotiques, comparativement à un placebo. Les résultats d'un autre essai clinique randomisé portant sur 251 enfants âgés de moins de 10 ans ayant une infection des voies respiratoires supérieures, démontrent que des traitements homéopathiques administrés deux fois par semaine pendant 12 semaines n'ont pas eu d'impact sur la prévention de ces infections, la durée des symptômes ou l'usage de médicaments, comparativement au placebo.

Efficacité possible Contribuer au traitement de la grippe (influenza). Une revue systématique publiée en 2006 avait comme objectif d'évaluer l'efficacité de l'Oscillococcinum, un traitement homéopathique populaire dans la prévention et le traitement de la grippe. Sept essais cliniques randomisés ont été inclus : quatre évaluant les effets du produit en tant que traitement (1 194 participants), et trois évaluant ses effets préventifs (2 265 participants). Les auteurs concluent que l'Oscillococcinum pourrait avoir un effet modéré dans le traitement de la grippe (réduction du temps d'infection de 0,26 jours). Par contre, il n'y aurait pas de preuves de son efficacité pour prévenir la grippe.

Efficacité incertaine Réduire les symptômes de rhinite allergique (rhume des foins). Une revue systématique publiée en 2006 a regroupé sept essais cliniques randomisés. Tandis que les résultats de trois de ces essais indiquent que l'homéopathie pourrait être bénéfique en diminuant les symptômes et en améliorant la qualité de vie des sujets, les résultats négatifs des quatre autres contrebalancent cette hypothèse.

Efficacité incertaine Contribuer au traitement de l'asthme chronique. Une revue systématique publiée en 2004 a répertorié six essais cliniques randomisés avec placebo (regroupant 556 adultes et enfants). Un seul des essais a fait état d'une réduction de la gravité des symptômes en comparaison avec le groupe placebo.

Efficacité incertaine Soulager les douleurs à la suite d'une chirurgie. Les quelques essais randomisés qui ont évalué les effets de l'homéopathie sur les niveaux de douleur induits par une chirurgie présentent des résultats contradictoires. Les résultats de deux essais randomisés contrôlés par placebo indiquent que l'homéopathie peut procurer une réduction de la douleur chez des sujets ayant subi des extractions dentaires de routine; par contre, deux autres essais n'ont révélé aucun effet auprès de patients ayant été soumis à des extractions de dents de sagesse. Des résultats similaires ont été observés chez des sujets ayant subi une chirurgie du canal carpien : une diminution des niveaux de la douleur comparativement à un placebo dans un essai randomisé publié en 2002; aucun effet dans un second essai publié en 2003. Enfin, les résultats d'un essai randomisé évaluant les effets de l'homéopathie chez des femmes subissant une hystérectomie n'ont pas démontré que des traitements homéopathiques pourraient être efficaces pour réduire les niveaux de douleur, comparativement à un placebo.

Efficacité incertaine Prévenir les céphalées et les migraines. Une revue systématique de la littérature scientifique, publiée en 1999, a répertorié quatre essais cliniques randomisés avec groupe placebo. Un seul d'entre eux a permis d'observer des effets bénéfiques de l'homéopathie comparativement à un placebo (réduction de la consommation d'analgésiques et de la fréquence, de l'intensité et de la durée des maux) .

Efficacité incertaine Contribuer au traitement de la dépressionet des désordres dépressifs. Une revue systématique, incluant deux essais cliniques randomisés, a été publiée en 2005. Un seul des deux essais a permis d'observer des effets positifs.

Efficacité incertaine Réduire les niveaux d'anxiété. Une revue systématique publiée en 2006 a répertorié huit essais cliniques randomisés portant sur un total de plus de 450 sujets. Ces essais, de qualité variable, ont révélé des résultats contradictoires. Les auteurs ont observé que plusieurs études d'observation et des études non contrôlées mentionnaient des effets positifs dans le traitement de l'anxiété, ainsi qu'un haut taux de satisfaction chez les patients. Mais étant donné l'absence de groupe contrôle, il est difficile d'évaluer à quel point ces résultats pourraient être attribuables spécifiquement à l'homéopathie.

Efficacité incertaine Aider les enfants atteints du trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. Deux essais cliniques randomisés ont été publiés à ce sujet et présentent des résultats contradictoires. Le premier, un essai en chassé-croisé avec placebo de 12 semaines, a porté sur 62 enfants âgés de 6 ans à 16 ans qui avaient déjà obtenu une amélioration d'au moins 50 % de leurs symptômes à la suite d'un traitement homéopathique. Les résultats indiquent que les traitements homéopathiques ont amené des effets positifs statistiquement significatifs sur les symptômes les plus importants du trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (impulsivité, inattention, hyperactivité, sautes d'humeur rapides, etc.) comparativement au placebo. Le second essai, un essai pilote, a comparé les effets de l'homéopathie à ceux d'un placebo chez 43 enfants de 6 ans à 12 ans. Après 18 semaines, les enfants des deux groupes présentaient des améliorations de leurs comportements, mais aucune différence significative ne fut observée entre les deux groupes.

Efficacité incertaine Réduire les pertes sanguines à la suite de l'accouchement. Un essai clinique randomisé avec groupe placebo visant à évaluer les effets de l'homéopathie sur les pertes sanguines légères à la suite de l'accouchement est actuellement en cours et inclut au total 210 femmes enceintes. Les résultats préliminaires des 45 premières femmes ont été publiés en 2005. Ils indiquent que les taux d'hémoglobine des femmes du groupe expérimental sont restés stables 72 heures après l'accouchement, tandis que ceux du groupe placebo ont baissé significativement. Aucun effet secondaire n'a été rapporté. Ces résultats, qui ne sont toutefois que préliminaires, indiquent que l'homéopathie pourrait contribuer à réduire les saignements à la suite de l'accouchement.

Efficacité incertaine Réduire les symptômes de la ménopause. Les résultats de certaines études non contrôlées démontrent que l'homéopathie pourrait avoir des effets positifs sur différents symptômes de la ménopause comme la fréquence et l'intensité des bouffées de chaleur, la fatigue, les changements d'humeur, la qualité de vie et les niveaux d'anxiété. Cependant, seulement deux essais cliniques randomisés portant sur cette problématique ont été publiés à ce jour. Dans les deux cas, ils portaient sur des femmes ayant survécu à un cancer du sein et rapportant avoir au moins trois bouffées de chaleur par jour. Le premier, un essai pilote regroupant 83 femmes a évalué les effets, soit d'un traitement homéopathique individualisé, soit de la prise d'un complexe homéopathique, soit d'un placebo. Après un an de traitement, les femmes des deux groupes ayant reçu des traitements homéopathiques avaient une meilleure perception de leur santé générale comparativement aux femmes du groupe placebo. Cependant, aucune différence ne fut observée concernant la fréquence et l'intensité des bouffées de chaleur entre les trois groupes. Un autre essai pilote randomisé, portant sur 53 femmes, n'a pu observer d'améliorations significatives, que ce soit au sujet de la perception du bien-être, de la qualité de vie ou des symptômes de ménopause

Efficacité incertaine  Soulager le syndrome prémenstruel. Un petit essai clinique (dix femmes) publié en 1994, et inclus dans une revue systématique publiée en 2001, n'a pas démontré de supériorité du traitement homéopathique comparativement à un placebo pour soulager les femmes souffrant du syndrome prémenstruel. Un second essai clinique randomisé, portant sur 20 femmes âgées de 20 ans à 49 ans et ayant reçu une seule dose d'homéopathie, a été publié plus récemment. Les femmes traitées présentaient une diminution de leurs symptômes, tandis qu'aucune différence n'a été observée chez celles du groupe placebo.

Efficacité incertaine Réduire les symptômes des patients atteints du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Les auteurs d'une revue systématique publiée en 2005 n'ont pu relever que deux essais cliniques randomisés ayant évalué les effets de l'homéopathie chez des patients atteints du VIH. Des résultats positifs furent observés dans l'un de ces essais portant sur un total de 100 personnes atteintes du VIH (50 asymptomatiques et 50 symptomatiques, au stade III de la maladie). Le nombre de lymphocytes T, dont le rôle est de combattre la maladie, des sujets symptomatiques traités en homéopathie a augmenté, tandis qu'aucun effet n'a été observé avec le placebo. Le second essai a porté sur 12 sujets atteints du VIH ayant eu une perte de poids d'au moins 2,25 kg. Chez les cinq sujets ayant complété le protocole, le traitement homéopathique a induit une hausse du pourcentage de gras corporel et une diminution des symptômes de stress, comparativement au placebo.

Section Applications thérapeutiques
Recherche et rédaction 
: Geneviève Asselin, M. Sc., Chaire Lucie et André Chagnon pour l'avancement d'une approche intégrée en prévention, Université Laval
Révision scientifique
 : Claudine Blanchet, Ph. D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l'avancement d'une approche intégrée en prévention, Université Laval.

Septembre 2006

En pratique

On retrouve deux approches principales en homéopathie : l'approche uniciste et l'approche par complexes. Selon les préceptes de l'homéopathie uniciste, ou classique, (voir l'article de Christian Calvé), l'homéopathe doit tenter de trouver un médicament, et un seul, qui corresponde à l'état de son patient. La première visite chez un homéopathe uniciste pourra durer d'une à deux heures. Le patient sera invité à donner une foule de détails sur ses symptômes et sur la manière dont ils se manifestent, de même que sur ce qui les soulage ou les aggrave.

Il s'agit pour l'homéopathe de dresser un tableau, aussi précis que possible, de la « constitution » du patient et de ses symptômes afin de trouver le remède homéopathique dont la pathogénèse corresponde le mieux à sa situation. Ce médicament unique sera alors prescrit pour une période de deux à six semaines, après quoi le praticien évaluera de nouveau la condition du patient et, au besoin, pourra prescrire un autre remède, ou le même remède préparé à un autre degré de dilution. L'approche uniciste est particulièrement bien adaptée à des problèmes chroniques.

L'autre approche privilégie la prescription de plusieurs remèdes à la fois ou alors d'un remède complexe. Ces complexes renferment plusieurs éléments permettant de faire face à un type de syndrome particulier, et sont surtout destinés à l'automédication. On en trouve notamment pour la prévention ou le traitement du rhume ou de la grippe, des allergies respiratoires, des douleurs arthritiques, etc.

Mentionnons également la prescription de crise qui consiste à administrer un remède à basse dilution à intervalles rapprochés pour combattre une crise aiguë ou une agression ponctuelle clairement identifiée (une contusion ou une foulure, par exemple).

Au Canada, si votre homéopathe est un médecin, la consultation sera entièrement couverte par le filet social. Il ne restera qu'à assumer le coût du remède qui n'est généralement pas très élevé. En France, l'État rembourse un pourcentage du coût des consultations et des médicaments. Certains régimes d'assurance privés remboursent les honoraires de l'homéopathe et le coût des médicaments, mais cette pratique n'est pas encore très répandue.

Au Québec, le Syndicat professionnel des homéopathes du Québec (SPHQ) tient un registre de ses membres actifs. Ces derniers sont généralement des homéopathes qui ne sont pas diplômés en médecine. Il n'existe pas, à notre connaissance, de liste officielle de médecins pratiquant l'homéopathie au Québec. Ils sont relativement peu nombreux à le faire, et le Collège des médecins n'encourage pas cette pratique.

Formation

Au Québec, l'homéopathie n'a pas encore un statut de profession reconnue. Le Syndicat professionnel des homéopathes du Québec (SPHQ) y travaille toutefois depuis quelques années. Quant aux médecins québécois qui désirent pratiquer l'homéopathie, ils le font généralement discrètement puisque leur corporation professionnelle y pose des limites importantes : un médecin aurait le droit de traiter un patient par l'homéopathie uniquement après avoir épuisé toutes les solutions possibles proposées par la médecine classique.

En accord avec l'International Council for Classical Homeopathy, le SPHQ estime qu'il faut environ 1 500 heures de cours pour former un bon homéopathe. Cependant, en l'absence de réglementation officielle, au Québec, rien ne garantit que la personne qui se présente comme homéopathe a bel et bien reçu une telle formation. Par contre, tous les membres du SPHQ ont nécessairement complété cette formation minimale ou l'équivalent.

En Europe, l'homéopathie est enseignée dans les facultés de médecine et divers programmes s'adressent tant aux non-médecins qu'aux médecins. On peut y obtenir une formation sommaire d'environ 40 heures, mais également une formation complète de clinicien nécessitant de deux à trois ans d'étude à temps plein. À l'échelle internationale, l'International Council for Classical Homeopathy établit les normes minimales de l'enseignement destiné à former des cliniciens.

Livres, etc.

Beaucoup de livres, en plus de présenter les bases de l'homéopathie, se veulent des guides pratiques. Voici quelques titres.

Frochisse Pascal. Je me soigne par l'homéopathie, Homéomédia, France, 1996.

Horvilleur Alain. Guide familial de l'homéopathie, Collection Le livre de poche pratique, Hachette, France, 1981.

Lockie Andrew. Encyclopédie de l'homéopathie, Éditions Hurtubise, Canada, 2001.

Servais Philippe (Dir). Larousse de l'homéopathie, Larousse, France, 2000.

Tan Hon Nguyen, Nowak Jean-Paul. Homéopratique - Enfin! l'homéopathie vraiment pratique, Éditions Octale, France, 1988

Recherche et rédaction : Pierre Lefrançois et Léon René de Cotret
Fiche mise à jour le :
4 octobre 2006


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