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La luminothérapie

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Indications

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Traiter la dépression saisonnière.

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Réduire les problèmes liés au décalage horaire (voyage en avion et horaires de nuit).

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Faciliter le sommeil (insomnie, sommeil perturbé, réveils difficiles); contribuer au traitement de la dépression non saisonnière.

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Réduire les symptômes du syndrome prémenstruel; réduire les crises de boulimie associées à l’influence des saisons.

Présentation

La luminothérapie consiste simplement à s’exposer à une lumière blanche, dite « à large spectre », imitant celle du soleil, pour traiter principalement les troubles associés au dérèglement de l’horloge biologique interne, comme la dépression saisonnière.

L’exposition peut se faire en se plaçant directement face à une lampe conçue à cet effet ou grâce à un « simulateur d’aube ».

La luminothérapie fait partie de la grande famille des photothérapies qui utilisent certaines sources lumineuses (intensités et couleurs diverses, laser, etc.), parfois combinées à des photosensibilisants pour soigner toutes sortes d’affections, en particulier les maladies de la peau.

Contre la dépression saisonnière, et plus

La principale application de la luminothérapie, et également celle qui est le mieux documentée scientifiquement, concerne la dépression saisonnière. Cette maladie (voir Documents associés) apparaît à l’approche de l’hiver, à mesure que diminue la clarté extérieure, ce qui dérègle l’horloge biologique interne de certaines personnes. Dans les pays nordiques, de 3 % à 6 % de la population, et même jusqu’à 10 %, selon les sources, souffre de dépression saisonnière et présente alors des symptômes comme une humeur dépressive, de la fatigue chronique, une baisse de la libido, un besoin exagéré de sommeil, des réveils difficiles ou un appétit anormalement grand (jusqu’à des crises de boulimie).

On emploie également la luminothérapie pour contrer d’autres symptômes pouvant être associés à un dérèglement de l’horloge interne comme des troubles du sommeil, des migraines ou le syndrome prémenstruel. Elle pourrait également être utile dans certains cas de dépression ou d’anxiété, et pour combattre les problèmes attribuables au décalage horaire ou au travail de nuit.

On croit également que la luminothérapie pourrait avoir des vertus préventives face à ces mêmes problèmes, entre autres pour les personnes qui, chaque année, ressentent une légère « déprime d’automne » ou celles qui travaillent toute la journée sans voir la lumière du jour, que ce soit dans un bureau ou en usine. Le Dr David Servan-Schreiber en fait état, entre autres, dans son livre Guérir.

Lumière et horloge biologique

La lumière, en pénétrant dans l’organisme par les yeux, joue un rôle fondamental dans la régulation des rythmes circadiens, tous les rythmes qui ont une période d’environ 24 heures (sommeil et éveil, chacun des repas, périodes de travail, de repos, etc.). Elle participerait aussi à la régulation de l’horloge interne qui contrôle d’autres rythmes biologiques plus ou moins longs (le déclenchement des menstruations chez les femmes, par exemple).

Lorsque la lumière pénètre dans l’œil, elle est transformée en signaux électriques qui, envoyés au cerveau, agissent sur des neurotransmetteurs, comme la sérotonine, souvent appelée « l’hormone du bonheur », qui régularise l’humeur, et la mélatonine, responsable des cycles éveil-sommeil.

Il peut arriver que, à la suite d’un voyage en avion à travers quelques fuseaux horaires ou à cause du travail de nuit, nos rythmes biologiques internes (éveil, sommeil, faim, etc.) ne correspondent plus aux rythmes extérieurs (jour, nuit, etc.). On peut alors, par exemple, produire de la mélatonine, l’hormone du sommeil, le matin plutôt que le soir. Selon les cas, et selon que l’on a perdu ou gagné des heures, on pourra « remettre l’horloge à l’heure » en s’exposant à la lumière, à un moment précis de la journée, afin de faire « avancer ou reculer » son horloge interne. La prise de mélatonine, également au moment approprié, peut aussi contribuer à refaire le réglage de l’horloge interne.

Des recherches scientifiques indiquent par ailleurs que le métabolisme de la mélatonine est déréglé chez les personnes qui souffrent de dépression saisonnière. En effet, on a observé chez celles-ci un taux anormalement élevé de mélatonine durant le jour, et l'exposition à la lumière diminuerait sa production. Mais la mécanique biochimique qui perturbe les rythmes circadiens reste à clarifier.

Le Dr Norman E. Rosenthal, psychiatre et chercheur au National Institute of Mental Health, a été le premier à démontrer, en 1984, le lien entre lumière et dépression9. Il a alors défini le Seasonnal Affective Disorder, communément nommé SAD, traduit par dépression saisonnière. En fait, la « découverte » de ce type de dépression est indissociable de l’invention de la luminothérapie elle-même. C’est en constatant que l’exposition à la lumière artificielle à large spectre pouvait bénéficier aux personnes souffrant de symptômes dépressifs pendant la saison hivernale que Rosenthal a pu démontrer le rôle joué par la luminosité sur les rythmes circadiens et l’humeur, et ainsi définir avec précision cette maladie. Rosenthal a publié de nombreux écrits, études et livres sur le sujet. Il demeure la référence incontournable en la matière.

Applications thérapeutiques

De façon générale, la luminothérapie s’applique aux troubles associés au dérèglement des rythmes biologiques, dont le plus connu est la dépression saisonnière. Généralement, les résultats se font sentir dès la première semaine de traitement. Toutefois, environ 20 % des patients, sans que l’on sache pourquoi, n’obtiennent pas de soulagement à la suite d’une luminothérapie. D’autres facteurs – génétiques, environnementaux, etc. – seraient en cause.

De nombreuses recherches tendent à démontrer que la luminothérapie est encore plus efficace si on la combine avec d’autres traitements et méthodes, comme les antidépresseurs (incluant le millepertuis) et l’entraînement physique.

··· Traiter la dépression saisonnière. Une méta-analyse portant sur 39 études et nombre de synthèses d’études récentes ont conclu à l’efficacité de la luminothérapie pour soulager les symptômes de la dépression saisonnière. Des recherches récentes tendent à démontrer que la simulation artificielle de l’aube serait au moins aussi efficace que la luminothérapie conventionnelle.

·· Réduire les problèmes liés au décalage horaire (voyages en avion et horaires de nuit). Deux synthèses d’études et diverses recherches tendent à démontrer que la luminothérapie, particulièrement quand elle est combinée à la prise de mélatonine, peut réduire significativement les effets du décalage horaire provoqués par le passage en avion de plusieurs fuseaux horaires ou par le travail de nuit.

· Faciliter le sommeil (insomnie, sommeil perturbé, réveils difficiles). De nombreuses recherches, et deux synthèses d’études récentes, concluent que la lumiothérapie peut être bénéfique si les troubles du sommeil sont attribuables à un dérèglement des cycles circadiens. Cependant, les protocoles précis permettant de déterminer, pour chaque patient, les cycles d’exposition susceptibles de « remettre à l’heure » l’horloge interne ne sont pas encore tout à fait au point. En ce qui concerne la simulation de l’aube, une étude portant sur 77 personnes bien-portantes a conclu que cette pratique augmentait légèrement la qualité du sommeil, telle que perçue par les participants.

· Contribuer au traitement de la dépression. Une synthèse d’études (Cochrane) publiée en 2004 conclut, à partir de l’analyse de 20 recherches, que la luminothérapie démontre une efficacité modeste, mais prometteuse. Une autre synthèse d’études, également publiée en 2004, conclut que lorsque des patients ne répondent pas aux antidépresseurs, la luminothérapie peut améliorer l’efficacité de ces médicaments.

º Réduire les symptômes du syndrome prémenstruel. Une étude préliminaire contrôlée, avec placebo, portant sur 14 femmes, a démontré que l’exposition à une lumière de 10 000 lux chaque soir, pendant les deux semaines précédant les menstruations, diminuait de façon significative la dépression et la tension prémenstruelles.

º Réduire les crises de boulimie associées à l’influence des saisons. Deux petites recherches comprenant 22 et 34 sujets indiquent que la luminothérapie pourrait venir en aide aux femmes qui souffrent de boulimie si le trouble est associé à la saison (augmentation des crises pendant l’hiver) tandis qu’une autre (18 sujets), menée auparavant, n’avait pas constaté d’effets notables.

Contre-indications

La luminothérapie est généralement sans danger et entraîne peu d’effets secondaires (possibilité de légers maux de tête et d’insomnie, en début de traitement), mais il y a des contre-indications dans certains cas : problèmes oculaires (cataractes, glaucomes, décollement de la rétine), irritations cutanées (urticaire, varicelle, etc.), troubles mentaux de type bi-polaire.

En pratique

Pour bénéficier de la luminothérapie, on doit tout simplement s'exposer quotidiennement à une lumière à large spectre dont l'intensité varie entre 2 500 et 10 000 lux. À l’heure actuelle, il n’existe pas de consensus sur la fréquence ou la durée d’exposition idéale. On recommande soit des expositions de 15 à 30 minutes, une à deux fois par jour, soit des séances uniques de 15 minutes à deux heures, le matin. La thérapie dure généralement entre 8 et 21 jours selon les cas, mais une amélioration peut déjà se faire sentir après trois ou quatre séances. Pour la dépression saisonnière, le traitement devrait commencer au début de l'hiver, tandis que les premiers symptômes commencent à se manifester. Si l’on croit souffrir de cette maladie, il peut être préférable de s'adresser à son médecin afin qu’il établisse un diagnostic clair.

Les traitements de luminothérapie peuvent se faire en clinique, mais aussi à la maison. On trouve dans le commerce des lampes portatives, des lampes sur pied et de bureau tout aussi efficaces que celles utilisées en clinique. Assurez-vous que l’appareil comporte un filtre UVB, car ces rayons peuvent endommager l’épiderme et constituent un facteur de risque du cancer de la peau. Pendant une séance, rien n’empêche de poursuivre ses activités normales : lecture, travail, repas, télévision, etc., dans la mesure où l’on demeure dans le champ lumineux. Pour être efficaces, les lampes devraient être placées à la hauteur des yeux.

Il existe aussi des masques émettant une faible lumière qui s’appliquent directement sur les yeux clos pendant le sommeil. Ils ont été conçus, entre autres, pour être portés en avion, mais leur efficacité n’a pas été démontrée scientifiquement.

On peut également se procurer un simulateur d’aube. Cet appareil reproduit les conditions d’un lever de soleil, et sert de réveille-matin. Plutôt que d’être tiré du sommeil brusquement par une alarme ou la radio, l’appareil vous éveille en douceur en commençant à éclairer progressivement la chambre, à une heure préprogrammée. Par exemple, pour un lever à 7 h, la lumière pourra s'allumer doucement dès 6 h ou 6 h 30, et atteindre son maximum d'intensité à 7 h.

Assurez-vous de pouvoir programmer la durée de la progression de « l’aube ». Certains appareils possèdent leur propre source lumineuse, tandis que d’autres modèles permettent de simplement y brancher sa propre lampe de chevet. La plupart incluent aussi le réveille-matin.

Lorsque le traitement est prescrit par un professionnel de la santé, certaines compagnies d’assurances remboursent le coût des appareils.


Source : http://www.passeportsante.net/ Haut de page