Les 100km de Milau 2006 - Guy Barat (Guy13)

Ca avait bien commencé vendredi soir, avec d'anciennes têtes et autant de nouvelles et un scoop : Bruno Heubi existe en vrai.

Samedi matin, après une nuit de sommeil léger, direction le parc de la Victoire. Après moultes hésitations, je laisse un sac à Millau avec un change complet et la gourde-ceinture. La ligne de départ est assez loin, d'autant que le Pirate a la bonne idée de prendre un raccourcis assez long et que j'ai la mauvaise de le suivre. Devant la ligne, on aperçoit les meneurs d'allure, fiers comme des petits bancs avec leur beau drapeau ; ils ont fière allure. Je vais me placer plus loin derrière la ligne, au milieu de la foule, où je rejoins tot, finalement beaucoup plus sympa que ce qu'on aurait pu imaginer de quelqu'un qui aime les chiens autrement qu'en sauce.

Départ en marchant, puis en courottant, on passe enfin la ligne. Rapide calcul : sachant qu'on a mis 3'30 pour faire 0 mètre, quel temps espérer au final en espérant garder le rythme ? Malheureusement, l'ami Chevalier n'est pas dans le coin, je lui aurais bien posé la question histoire de planter son ordinateur portable (il court avec, puisque le micro se branche dessus). Je rattrape Eric, qui a l'air d'en avoir encore pas mal sous le pied - bon, on a couru 500 m, ceci explique sans doute cela. On traverse une voie ferrée ; ma vessie prétend qu'il est temps de s'arrêter. N'ayant pas emporté d'eau, j'ai décidé de faire très attention à l'hydratation - de fait, je m'arrêterai tous les 5 km, ce qui m'empêchera de passer sous les 9h.

Je passe en 29' aux 5 km, c'est un poil rapide compte tenu du temps perdu au départ, mais je cherche à rattraper Patate, lequel doit être devant. Au km 7, je vois Domi et grelots, qui m'annoncent que patate n'est pas encore passé. On apprendra plus tard que pour calmer son stress, il est parti écluser quelques rosés au bistrot avant le départ et qu'il en a oublié de partir. Je n'ai pas trop envie de l'attendre, donc je continue, en poussant le grelots devant moi, qui s'ennuie sans sa patate préférée. Heureusement, toto38 est là aussi, avec sa suiveuse de sœur, qui a un air de Kim Clijsters. Ca a l'air de motiver grelots, tant et si bien qu'au bout de quelques hectomètres, il court de lui même sans qu'on ait plus besoin de le pousser.

On passe au km 10, toujours un peu en retard sur les temps de 11h, ce qui est normal, puisque patate est derrière. Au 13ème km, ravitaillement. Je m'arrête comme à chaque fois, et grelots profite de ce que je ne le surveille pas pour faire demi-tour avec toto et Kim. Je repars donc seul en suivant mon rythme, tranquillement. Je prends toujours mon temps aux ravitos, vois, mange, et fais travailler la vessie un peu plus loin, soit un arrêt tous les 2-3 km en moyenne, du quasi-Cyrano. Demi-tour au semi, petite côte, pas si méchante que ça, puis succession de portions vallonnées, qui me surprennent quelque peu - je m'attendais à un relief plus plat. Je gère tranquillement, les jambes commencent à peser un peu au trentième, mais rien que de très supportable. Je rattrape M et Mme tot je ne sais plus où, puis c'est la rentrée dans Millau, où je croise un à un les trois meneurs en 10 h. Passage au marathon en 4h02, raisonnablement frais. C'est tout bon pour l'objectif en 11h, 10h30 au mieux. Au gymnase, pause ravito normale, puis je réclame mon sac, je me change, je mets mon dossard de suiveur (je n'avais pas vu qu'il y avait deux dossards disctincts et j'avais épinglé le deuxième au maillot par avance pour gagner du temps). On passe les pieds au talc, blablabla, on rend le sac. Et je ressors en constatant avec surprise que je me suis arrêté 10 minutes.

En repartant, je croise patate et son groupe. On continue tranquillement. Les jambes sont un peu lourdes et le rythme de respiration s'est accéléré (mais pas la vitesse de course), mais ça va. Montée de la première difficulté en courant, quoique lentement, puis descente rapide. Je ne me souviens plus bien quand ça a été moins bien, mais je sais que je me suis arrêté à nouveau très longuement au ravito avant la deuxième difficulté, vers le 60ème, que je passe en exactement 6h. Il faut dire que j'ai monté le faux-plat assez vite, parfaitement convaincu qu'il descendait... Dans la côte, je croise Bruno qui descend. Il a beaucoup d'avance sur moi, mais un peu de retard sur le premier. On se salue. La côte se monte bien, ça va mieux. Je double une suiveuse poussant son vélo avec difficulté. La fin est un peu plus dure, puis je m'arrête encore assez longuement au ravito avant la descente sur St Affrique. Pris d'une fringale terrible, je me goinfre comme un goret de tout ce qui s'y trouve, salé, sucré, à poignée... Au moment de repartir, je vois le groupe de patate qui arrive. Je me sens un peu lourd ; ils me rattraperont dans la descente. Ca ne va plus vraiment, et c'est dommage, parce que c'est la seule des 4 descentes où je perdrai du temps au lieu d'en gagner. Patate et Domi me reprennent à quelques km de St Affrique ; je le suis avec difficulté et il me prend du terrain dès que le terrain redevient plat. On croise le Pirate, qui nous fait remarquer avec justesse qu'il est devant.

Re-long arrêt à St Affrique, sans manger, mais en m'hydratant. Patate, avec raison, ne m'a pas attendu. Ca n'aurait servi à rien, je suis incapable de le suivre. A la sortie du gymnase, marmotte et Jean-Marc nous encouragent et prennent des photos. La remontée est dure ; je n'avance pas, j'ai du mal à digérer mon orgie, je marche, je cours... Pauses comprises, j'ai mis 1h18 à faire 8 km. Bah, tant pis, 12 heures, ce sera très bien. Poussman et Poussgirl, que j'ai croisés en remontant ne vont pas tarder à me reprendre, pensé-je. Nouvel arrêt au ravito orgiaque, alors que le temps tourne à la tornade. La bâche qui couvre le ravito fait gouttière. Sympa...

Et puis finalement, ça va mieux. Peut-être le fait de croiser en pleine tempête des coureurs comme Cagouille qui ont 15 ou 20 km de plus à faire... Arrivée à la descente, je la fais à fond, et ça fait le plus grand bien. Nouvel arrêt un peu trop long au ravito, puis je vais essayer de m'arrêter moins longtemps, juste manger un peu, boire 2-3 verres et m'étirer sommairement. Le faux plat descendant passe très bien, je double quelques coureurs plus en difficulté, et je sens que la foulée est relativement légère. Je fais l'accordéon avec le groupe de 11h à l'occasion des ravitos, mais il est patent que je leur reprends du temps. Dernière difficulté, la nuit tombe, Domi me fait la surprise de venir me chercher, je monte assez facilement ; pas de pb, je me sens bien. On bascule dans la descente au milieu de bourrasques de vent et je double Patate, ce qui fait râler grelots et décuple donc le plaisir de la descente.

J'attends le groupe en bas en marchant, pour avoir le plaisir de finir avec eux, et patate nous emmène avec sûreté vers le parc de la victoire. Les derniers km sont étonnamment longs. Arrivée au gymnase, on savoure. Objectif atteint, même si la performance est très modeste pour 3h10 au marathon. C'est la première fois que je tiens 100 km. Beaucoup de plaisir et de bonheur sur cette course que je referai sans aucun doute. On retrouve Bruno et certains des coureurs arrivés depuis longtemps.

Dimanche, barbecue au camping. Encore de nouvelles têtes et quelques confirmations, notamment la dépendance de Taz à la despé... Merci à tout le monde pour ce beau week-end, à Bruno pour son boulot d'entraîneur, sa disponibilité et sa gentillesse sur place, à patate pour le travail de meneur, à Marmotte pour l'organisation du pique-nique, à Patricia Heubi pour m'avoir converti au blida

Je m'arrête là pour n'oublier personne.

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